Fabien POULARD
Jérôme Rocheteau
Laurent Audibert
Matthieu Vernier
Nicolas Hernandez
Nicolas Hernandez
UIMA offre un cadre de développement structurant pour la mise au point de chaînes de traitement de l'information non structurée. S'il permet simplement de déployer des chaînes complexes et tirer parti de la puissance de calcul des processeurs multicœurs, l'ordonnanceur -- le CPM -- a plusieurs limites :
Le développement d'UIMA AS cherche à répondre à ces limitations.
UIMA AS est développé en remplacement du Collection Processing Manager (CPM) dans le but d'offrir de meilleures capacités de flexibilités et montée en charge. UIMA AS ne remplace nullement UIMA, et les composants développés pour UIMA peuvent aussi bien fonctionner dans une chaîne UIMA AS. AS profite du système d'Aggregate pour organiser les composants en chaînes de traitement, tirant parti au passage des capacités des flow controllers.
Lorsqu'une chaîne de traitement UIMA est déployée par le CPM, la configuration suivante se met en place :
Ce fonctionnement est décrit par le schéma suivant tiré de la documentation d'Apache UIMA si ce n'est que les cas consumers n'existent plus en tant qu'entités particulières mais sont des composants comme les autres (et donc instanciés dans les PP) :
Les chaînes dans UIMA AS sont déployées sous forme de services auxquels peuvent se connecter des clients. Les clients envoient des requêtes au service puis attendent le résultat du traitement. L'interface entre les clients et les services se fait au travers d'un système de messagerie asynchrone :
Ce fonctionnement est décrit par le schéma ci-dessous tiré de la documentation d'Apache UIMA AS. Il permet d'instancier une seule fois une chaîne de traitement et de lui soumettre un flux continu de données à traiter en provenance potentiellement de plusieurs sources.
Le système de messagerie asynchrone prend en charge la distribution des requêtes entre différentes instances potentielles du service permettant ainsi une montée en charge à chaud. Il suffit de déployer une nouvelle instance du service et lui indiquer de se connecter à la queue tampon d'entrée pour augmenter les capacités de traitement. Le système de messagerie utilisé par défaut, ActiveMQ, ayant la capacité de communiquer au travers du réseau, ledit service peut tout à fait être déployé sur une machine distante.
Une autre force de UIMA AS est que ce système de queue tampons et de routage des CAS au travers d'un système de messagerie asynchrone peut être mis en place au sein même du service entre les différents composants. Pour cette première prise en main évitons tout de même de compliquer les choses...
La mise en place d'une chaîne de traitement UIMA AS comparable à un CPE nécessite trois éléments : le service UIMA AS en charge du traitement, le client qui soumet les données et récupère les résultats du traitement et le système de messagerie coordonne la communication entre ces deux premiers.
La mise en place d'un service UIMA AS nécessite, outre le développement des composants, un descripteur de déploiement (deployment descriptor). Afin de simplifier son écriture dans la prochaine section de ce billet, il est préférable d'installer les plugins Eclipse dédiés.
Un certain nombre de dépendances sont nécessaires pour la compilation et l'exécution d'un service et d'un client UIMA AS, a minima :
Finalement, il est nécessaire d'installer un système de messagerie de type JMS. Le plus simple est d'utiliser celui proposé par défaut : Apache ActiveMQ. Une version est distribuée dans l'archive UIMA AS. Toutefois, si vous êtes sous un environnement Linux, il sera plus aisé et pérenne du paquetage de votre distribution.
Ainsi pour Debian Wheezy, installez le paquet :
sudo apt-get install activemq
puis activez l'instance par défaut :
cd /etc/activemq/instances-enabled/ sudo ln -s ../instances-available/main/
et lancez enfin le système :
sudo /etc/init.d/activemq start
Le déploiement d'un service UIMA AS nécessite deux descripteurs :
Pour l'exercice nous déploierons un composant de prétraitement : découpage en phrases, en mots et étiquetage des rôles grammaticaux. Nous utiliserons pour cela les composants addons distribués avec UIMA : le WhitespaceTokenizer et le HMMTagger. L'écriture de l'aggregate ne pose pas de difficulté particulière, il s'agit d'un composant UIMA classique sans aucune spécificité que nous nommerons POSTagger.xml.
Le descripteur de déploiement est une nouveauté de UIMA AS. Il est disponible dans l'assistant de création d'un nouveau fichier sous la catégorie UIMA aux côtés des autres descripteurs, si tant est que vous avez correctement installé les plugins UIMA AS. Nous le nommerons POSTagger-Service.xml.
Le descripteur de déploiement se compose de deux onglets : un onglet de configuration générale (Overview) et un onglet de configuration du déploiement (Deployment Configurations). Il faut préciser dans l'onglet de configuration générale le nom de la queue de messagerie sur laquelle le service sera joignable (Name for input queue) et le nom de l'aggregate à déployer comme service (Top analysis engine descriptor). Ces deux champs sont mis en valeur dans la capture d'écran ci-dessous.
Par défaut il n'est pas nécessaire d'intervenir sur la configuration du déploiement. Le service sera alors déployé tel qu'il l'aurait été sous forme d'un CPE, c-à-d sans contrôle particulier sur les composants qui composent l'aggregate. Pour l'exercice, nous allons le déployé comme un aggregate UIMA AS, c-à-d que chaque composant de l'aggregate est lui-même déployé comme un service connecté aux autres composants par le système de messageries et de queues.
Ce déploiement nécessite simplement de cocher la case Run as AS aggregate. Une fois coché, les différents composants qui constituent l'aggregate sont accessibles pour une configuration propre.
Pour simplifier nous considérerons qu'ils sont tous déployés en local et dans la même JVM. Nous allons simplement demander de déployer trois instances du HMMTagger étant donné que c'est le composant le plus coûteux. Il suffit pour ce faire de sélectionner le composant HMMTagger dans la liste puis de positionner le paramètre Number of replicated instances sur 3.
Une fois le descripteur de déploiement écrit, il ne reste plus qu'à écrire le code du client asynchrone qui va s'y connecter. La documentation d'UIMA AS décrit en détail un cas d'utilisation duquel ce billet s'inspire.
Tout d'abord, toujours dans le cadre de l'exercice, nous faisons le choix que le service soit déployé par l'application elle-même :
public static final String DD2SPRINGXSLTFILEPATH = "/LIBS-APPS/UIMA/apache-uima-as-2.3.1/bin/dd2spring.xsl"; public static final String SAXONCLASSPATH = "file:/LIBS-APPS/UIMA/apache-uima-as-2.3.1/saxon/saxon8.jar"; public static final String DEPLOYMENTDESCRIPTOR = "desc/POSTagger-Service.xml"; ... // Create Asynchronous Client API BaseUIMAAsynchronousEngine_impl uimaAsEngine = new BaseUIMAAsynchronousEngine_impl(); ///////////////////////////////////////////////////// SERVICE DEPLOYING System.out.println("Deploying service"); // Create a Map to hold required parameters Map<String, Object> servCtxt = new HashMap<String, Object>(); servCtxt.put(UimaAsynchronousEngine.DD2SpringXsltFilePath, DD2SPRINGXSLTFILEPATH); servCtxt.put(UimaAsynchronousEngine.SaxonClasspath, SAXONCLASSPATH); String serviceId = uimaAsEngine.deploy(DEPLOYMENTDESCRIPTOR, servCtxt); System.out.println("\\t...Service deployed !");
Une fois le service déployé, nous allons configurer un client asynchrone pour s'y connecter et soumettre des requêtes. Il est important ici que :
UimaAsynchronousEngine.ServerUri corresponde à l'adresse du gestionnaire de messagerie (broker) spécifié auparavant dans le descripteur de déploiement (nous avons laissé la valeur par défaut ${defaultBrokerURL}, nous verrons après comment la spécifier à l'exécution) ;UimaAsynchronousEngine.Endpoint doit correspondre au nom de la queue sur laquelle le service est joignable.///////////////////////////////////////////////////// SERVICE EXECUTION System.out.println("Preparing for execution"); // Create map to pass server URI and Endpoint parameters Map<String, Object> appCtxt = new HashMap<String, Object>(); appCtxt.put(UimaAsynchronousEngine.ServerUri, "tcp://localhost:61616"); appCtxt.put(UimaAsynchronousEngine.Endpoint, "POSTaggerQueue"); appCtxt.put(UimaAsynchronousEngine.CasPoolSize, 2); // Initialize uimaAsEngine.initialize(appCtxt); uimaAsEngine.addStatusCallbackListener(new MyStatusCallbackListener()); // Get an empty CAS from the Cas pool CAS cas = uimaAsEngine.getCAS(); System.out.println("\\t...CAS retrieved"); // Initialize it with input data cas.setDocumentText("Un exemple de texte..."); cas.setDocumentLanguage("fr"); // Send CAS to service for processing uimaAsEngine.sendCAS(cas); System.out.println("\\t...CAS sent");
Il est intéressant d'observer le fonctionnement du client :
getCAS(). Une fois le CAS obtenu, il est initialisé comme le ferait un Collection Reader, puis soumis au système par la méthode sendCAS().Il ne reste alors plus qu'à implémenter le StatusCallbackListener et plus particulièrement la méthode entityProcessComplete appelée lorsque le traitement d'un CAS est terminé :
static class MyStatusCallbackListener extends UimaAsBaseCallbackListener { @Override public void entityProcessComplete(CAS aCas, EntityProcessStatus aStatus) { System.out.println("Entity process complete."); // Handle errors if ( (aStatus != null) && aStatus.isException() ) { List<Exception> exceptions = aStatus.getExceptions(); for(Exception e: exceptions) { e.printStackTrace(); } return; } // Process CAS try { System.out.println("Concepts identified:"); JCas jcas = aCas.getJCas(); FSIterator<Annotation> it = jcas.getAnnotationIndex(T_Token.type).iterator(); while( it.hasNext() ) { T_Token token = (T_Token) it.next(); System.out.println("\\t+ POS:" + token.getPos()); } } catch (CASException e) { System.out.println("Problem getting a JCas !"); } } }
Une fois tout ce travail réalisé, il ne reste plus qu'à exécuter le tout. Il est nécessaire d'ajouter toutes les dépendances nécessaires à l'exécution soit toutes les bibliothèques UIMA et UIMA AS ainsi que les nombreuses dépendances Spring.
Il est également nécessaire de spécifier, par le biais d'une variable de JVM l'adresse du gestionnaire de messagerie que nous avons positionné jusqu'alors à ${defaultBrokerURL}. Pour l'exercice, nous utilisons un broker ActiveMQ local. Le paramètre de la JVM est donc le suivant :
-DdefaultBrokerURL=tcp://localhost:61616
À partir d'ici le service devrait se déployer et le client asynchrone s'y connecter sans accroc. Si vous rencontrez des erreurs du type Connection refused c'est très probablement que votre système de messagerie ne tourne pas ou bien que les noms de queues précisés dans le descripteur et pour le client sont différents.
Au sein de Dictanova, nous avons des besoins importants en termes de distribution de la charge de calcul. Le CPM classique d'UIMA (l'organe chargé de l'ordonnancement des traitements) ne répond pas suffisamment à nos besoins et nous nous tournons donc vers UIMA AS (pour UIMA Asynchronous Scaleout) qui offre des possibilités de montées en charge beaucoup plus importantes en permettant notamment de déployer les Analysis Engine dans plusieurs JVM et sur plusieurs machines.
Je décris dans ce billet la procédure que j'ai mise en oeuvre pour installer les plugins UIMA AS sous Eclipse Indigo.
Dans le meilleur des mondes, l'installation des plugins UIMA AS devrait se dérouler sans encombre en utilisant le gestionnaire de plugins d'Eclipse. Cependant, si comme moi vous n'aviez jusqu'à présent que les plugins UIMA classiques d'installés et que vous souhaitez installer les plugins UIMA AS, Eclipse vous informera que c'est impossible car une dépendance n'a pas été trouvée.
L'origine de ce problème est la récente release de UIMA 2.4.0, et la mise à jour dans cette version 2.4.0 des plugins alors que les plugins UIMA AS dépendent d'une version 2.3.x. Il est donc nécessaire de revenir à une version 2.3.1 des plugins UIMA avant d'installer les plugins UIMA AS.
Il n'est pas directement possible de revenir à une version antérieure d'un plugin. Il est nécessaire dans un premier temps de désinstaller le plugin, puis d'installer la version antérieure.
Pour désinstaller le plugin, il faut se rendre dans le menu Aide > À propos d'Eclipse > Détails de l'installation (Help > About Eclipse > Installation Details) comme le montrent les captures d'écran ci-dessous :
La fenêtre liste les features actuellement installées. Sélectionnez celles qui correspondent à UIMA puis cliquez sur Désinstaller (Uninstall).
Une fois la désinstallation effectuée et après avoir redémarrer Eclipse, il est possible d'installer la version 2.3.1 des plugins UIMA classiques et dans le même temps le plugin UIMA AS.
Rendez-vous dans le menu Aide > Ajout de nouveaux logiciels (Help > Install new software), indiquez à l'assistant d'utiliser tous les sites à sa disposition et décochez la case indiquant de ne montrer que les dernières versions comme l'illustre la capture d'écran ci-dessous :
Il suffit ensuite de sélectionner les versions 2.3.1 des différents plugins : UIMA Runtime, UIMA tools et UIMA AS. L'installation devrait alors se dérouler sans accrocs.
Lorsque l'on travaille avec plusieurs vues au sein d'un même CAS, on se retrouve rapidement confronté au besoin de recopier certaines annotations d'une vue vers une autre.
Il est possible de recréer l'annotation et de repositionner tous ses traits sur les mêmes valeurs que l'annotation d'origine. Cette approche est fastidieuse lorsque l'annotation est complexe, que l'on n'en connaît pas tous les traits ou bien lorsque l'on veut copier plusieurs annotations de types différentes.
Une autre approche, beaucoup plus souple, consiste à faire une copie profonde de l'objet Java du CAS correspondant à ladite annotation à l'aide de la méthode clone. Il faut alors penser à modifier la valeur du SOFA associée la nouvelle annotation sous peine de se voir refuser l'ajout de l'annotation copiée à l'index de la nouvelle vue.
La difficulté réside dans le fait que le trait contenant le SOFA n'est pas directement accessible. Il faut utiliser la méthode setFeatureValue pour mettre à jour la valeur :
Feature sofaFeature = annotation.getType().getFeatureByBaseName("sofa"); annotation.setFeatureValue(sofaFeature, view.getSofa());
Voici la méthode que j'utilise désormais pour copier mes annotations d'une vue à une autre :
public static Annotation copyAnnotationToView(Annotation a, JCas view) { // To copy the annotation we must process in three steps // 1- Clone the annotation from the original view Annotation a2 = (Annotation) a.clone(); // 2- Change the Sofa of the cloned annotation Feature sofaFeature = a2.getType().getFeatureByBaseName("sofa"); a2.setFeatureValue(sofaFeature, view.getSofa()); // 3- Add this annotation to the indexes of the new view a2.addToIndexes(view); return a2; }
Les opérations logicielles en traitement automatique des langues sont souvent très importantes, très coûteuse, mais également parallélisables. C'est l'un des avantages indéniables d'UIMA, par le choix d'une architecture par composants, de permettre de paralléliser les traitements assez simplement.
La programmation d'un composant UIMA doit donc se faire avec en tête l'idée qu'il pourrait être déployé pour un traitement parallélisé. Lorsque comme moi on n'a pas cette habitude, on se heurte rapidement à des petits obstacles techniques. Dans le cas présent, il s'agissait de développer un composant qui exportait les résultats d'un calcul dans un fichier CSV.
La chaîne de traitement que j'utilise pour ma thèse calcule des scores de similarité entre des documents. Afin de simplifier l'évaluation de mon système, je souhaite réunir tous ces scores de similarité dans un même fichier CSV.
La solution naïve qui fonctionne presque consiste à ce que le composant ouvre un fichier et y écrive au fur et à mesure. Les systèmes ne rechignent pas à ce que plusieurs processus écrivent en même temps dans le même fichier... Malheureusement ils ne s'assurent pas non plus d'ordonnancer les requêtes d'écriture au risque que chacun écrive sur la copie de son voisin !
Voici le résultat que j'attends :
source-document00003.txt;suspicious-document00016.txt;not-derivative;0.0016992353 source-document00003.txt;suspicious-document00040.txt;not-derivative;0.23280424 source-document00267.txt;suspicious-document00055.txt;derivative;0.14148398
et voici ce que ça peut donner quand les différents processus décident d'écrire en même temps :
source-document00003.txt;suspicious-docsource-document00003.txt;suspicious-source-document00267.txt;suspicious-document00055.txt;derivative;0.14148398 ument00016.txt;not-derivative;0.0016992353 document00040.txt;not-derivative;0.23280424
J'avais déjà rapidement présenté le workflow d'UIMA dans mon billet sur les ressources. Un petit résumé des épisodes précédents ne sera peut-être pas de trop.
Comme d'habitude, pour simplifier, on va considérer qu'on utilise uniquement le flow controler par défaut qui fait s'enchaîner séquentiellement les composants. Cela revient à considérer que la sortie d'un composant alimente directement l'entrée du composant suivant, à la manière des pipes dans le monde Unix.
Dans cette configuration, UIMA regroupe les chaînes de CAS processors (les composants qui manipulent les CAS) dans autant de processing pipelines que l'attribut processingUnitThreadCount du CPE le demande, comme l'illustre le schéma ci-dessous :
l est nécessaire d'instancier les composants utilisés autant de fois qu'il y a de processing pipelines. Jusque-là, rien de bien nouveau en réalité. Mais ce que j'ai découvert récemment, douloureusement bien entendu, c'est que cette instanciation ne se faisait pas au sein des pipelines, mais au sein du thread principal du CPE. Soit la procédure suivante, pour chaque composant :
J'aurais certes pu faire le choix d'utiliser le système des ressources pour mon composant, comme je le préconise dans mon billet précédent. Toutefois, je n'ai pas eu le temps de manipuler le système des ressources et il est grand temps que j'en finisse avec ma thèse :) Je me suis donc tourné vers quelque chose de plus direct.
Mon choix s'est donc porté sur la création d'autant de fichiers qu'il y a d'instances de mon composant. Je suffixe tout simplement le nom du fichier par l'identifiant du thread courant. Cette méthode fonctionne suffisamment bien, mais nécessite bien entendu de concaténer l'ensemble des fichiers à la fin du traitement. De plus elle ne permet pas directement de garder une trace de l’ordonnancement des écritures ! Dans mon cas ce n'était pas un prérequis.
Pour la petite histoire, j'ai découvert que la méthode initialize() était appelée dans le thread principal car tous mes fichiers étaient suffixés par l'identifiant 1. J'ai donc simplement déplacé l'ouverture des fichiers dans la méthode process() en ajoutant un test pour s'assurer que cette initialisation n'avait pas déjà eu lieu.
Voici le code (synthétique) correspondant, toute l'astuce réside dans le Thread.currentThread().getId() :
public void process(JCas aJCas) throws AnalysisEngineProcessException { // Check the streams have been initialized if (theStream == null) { Long tid = Thread.currentThread().getId(); theStream =new PrintStream( new File( theExportSuffix + ".__" + tid), "utf-8"); } // Select the right view JCas view = aJCas.getView(theViewName); ...
Parmi les addons distribués avec UIMA, le composant WhitespaceTokenizer permet de découper les textes en "mots" en s'appuyant sur les espaces et autres blancs. Malheureusement si cette approche est acceptable pour l'anglais, elle est beaucoup plus problématique pour le français. Le découpage en mots n'est pas une tâche forcément évidente et qui nécessiterait un réel travail. Partagé entre la nécessité d'une tokenisation correcte et le peu de temps qui me reste pour terminer ma thèse, voici une proposition suffisamment acceptable pour mes besoins.
Mon idée est d'exploiter la catégorie générale des caractère telles que définies dans la norme Unicode pour détecter les frontières des mots. Une rupture dans la catégorie des caractères indiquant vraisemblablement un changement de mot.
Je souhaite que mon composant soit en mesure d'identifier correctement tous les mots détectés par le WhitespaceTokenizer (c'est un minimum), ainsi que les cas problématiques tels que :
La norme unicode offre sept catégories générales de caractère :
| Unicode | Java (getType) |
|---|---|
| les lettres (L) | |
| Ll | LOWERCASE_LETTER |
| Lu | UPPERCASE_LETTER |
| Lm | MODIFIER_LETTER |
| Lo | OTHER_LETTER |
| Lt | TITLECASE_LETTER |
| les marques (M) | |
| Mc | COMBINING_SPACING_MARK |
| Me | ENCLOSING_MARK |
| Mn | NON_SPACING_MARK |
| les nombres (N) | |
| Nd | DECIMAL_DIGIT_NUMBER |
| Nl | LETTER_NUMBER |
| No | OTHER_NUMBER |
| les ponctuations (P) | |
| Pc | CONNECTOR_PUNCTUATION |
| Pd | DASH_PUNCTUATION |
| Pe | END_PUNCTUATION |
| Pi | INITIAL_QUOTE_PUNCTUATION |
| Pf | FINAL_QUOTE_PUNCTUATION |
| Po | OTHER_PUNCTUATION |
| Ps | START_PUNCTUATION |
| les symboles (S) | |
| Sc | CURRENCY_SYMBOL |
| Sm | MATH_SYMBOL |
| Sk | MODIFIER_SYMBOL |
| So | OTHER_SYMBOL |
| les séparateurs (Z) | |
| Zl | LINE_SEPARATOR |
| Zp | PARAGRAPH_SEPARATOR |
| Zs | SPACE_SEPARATOR |
| divers (C) | |
| Cc | CONTROL |
| Cf | FORMAT |
| Co | PRIVATE_USE |
| Cs | SURROGATE |
| Cn | UNASSIGNED |
Le site Fileformat fournit une liste et une description exhaustive des caractères contenus dans ces différentes catégories.
Les mots pleins sont ceux qui se composent uniquement d'une suite de caractères alphanumériques, on peut les reconnaître à l'aide de l'automate suivant :
Les articles et pronoms contractés précédent un autre mot, ils se composent d'une seule lettre et d'un apostrophe. Les apostrophes appartiennent à la catégorie Po qui contient également le point d'exclamation, le dièse, ... ou bien à Lm. Il est préférable d'établir une liste des caractères correspondant. L'apostrophe (U+0027) et le modifieur apostrophe (U+02BC) sont les deux caractères qui semblent correspondre pour le français.
Les composés lexicaux à apostrophe sont quant à eux formés de deux séquences alphabétiques connectées par un apostrophe (aujourd'hui, ...).
L'automate permettant de reconnaître ces deux formes de mots :
Le trait d'union est utilisé dans plusieurs configurations : pour les composés lexicaux (arc-en-ciel, peut-être, sauve-qui-peut, ...) et certains sigles sigles (C-4, c-à-d, ...). D'une manière générale certaines ponctuations sont employées au sein des mots : le point pour les abréviations (i.e., M., ...), ou le slash pour les unités de mesure (A/m, km/h, ...).
Les traits d'union sont regroupés dans la catégorie ''Punctuation, dash'' (''Pd''), les autres ponctuations (slash et point) sont placées dans ''Punctuation, other'' (''Po''). L'important c'est que ladite ponctuation soit placée entre deux séquences de lettres :
Finalement le dernier cas particulier concerne les valeurs numériques complexes (14 000, 14,18, 30 %, -3, ...). La catégorie ''Symbol, Currency'' (''Sc'') nous intéresse particulièrement. Le symbole ''%'' se trouve dans la catégorie ''Punctuation, other' (''Po''), tandis que le point et la virgule décimale correspondent respectivement à U+002E et U+002C.
La tokenisation s'effectue sur un flux continue de caractères. L'utilisation d'automates classiques tels que présentés précédemment n'est pas forcément possible car l'utilisation commune ne correspond pas forcément à une grammaire régulière et ils sont non déterministes. En gros nous pouvons nous retrouver dans ces cas de figure :
Ma proposition consiste à mettre en œuvre une sorte de transducteur à pile. La pile permet uniquement de conserver un historique des derniers caractères consommés afin de découper les mots à une position antérieure si nécessaire (symbole de monnaie non trouvé mais espace consommé par exemple). L'utilisation d'un transducteur permet d'enovyer des signaux indiquant si une coupure de mot doit avoir lieu ou non.
Les signaux envoyés par le système peuvent être les suivants :
L'automate ci-dessous correspond à ce transducteur :
J'ai recherché une bibliothèque Java pour manipuler des transducteurs... mais je n'ai rien trouvé. J'ai donc tout implémenté manuellement ce qui n'est pas formidable pour le maintient du code. J'ai donc implémenté également plusieurs tests unitaires.
Au final, les cas où les symboles monnétaires sont espacés des nombres par un espace pose problème, mais j'ai choisi de laisser tel quel car je ne vois pas de solution pratique (je ne vois plus grand chose en fait).
Chose intéressante, mon implémentation à base de transducteur est plus rapide de près de 40% que le composant WhitespaceTokenizer sur un petit corpus de test, mais d'autres tests donnent les deux annotateurs ex-aequo. La qualité du résultat est sans comparaison, comme l'illustre l'exemple ci-dessous :
"Le Roi a reçu en audience en début d’après-midi au Château
Résultat du WhitespaceTokenizer : {", Le, Roi, a, reçu, en, audience, en, début, d, ’, après, -, midi, au, Château}
Résultat de notre composant : {", Le, Roi, a, reçu, en, audience, en, début, d’, après-midi, au, Château}
Les jar avec les sources et le descripteur sont disponibles ici.
J'ai également ouvert un dépôt sur github pour ceux qui voudraient contribuer.
Les ressources sont un aspect de UIMA que j'ai peu abordé et que j'ai très peu utilisé, sauf récemment lorsque l'on a entraîné un modèle français HMM pour le HMM Tagger (il faut que j'écrive un billet à ce sujet d'ailleurs). Pourtant les ressources, et leur rôle, sont assez mal compris au sein d'UIMA.
Je m'excuse par avance auprès de Jérôme pour construire toute mon argumentation et ce billet sur une erreur qu'il a faite :) Pour information, Jérôme travaille en tant qu'ingénieur de recherche au sein de notre équipe de recherche, et est très certainement la personne de l'équipe la plus impliquée et la plus compétente sur UIMA. Voilà pour la mise en garde, je peux désormais mettre en place l'inquisition et prononcer l'auto da fé de sa méthode !
L'erreur dont je parle est celle présentée dans ce billet. En gros, Jérôme nous explique dans ce billet que pour compter le nombre de mots dans tous les documents d'une collection, à l'aide d'un AE, on procède en en trois temps :
D'une manière générale, cela revient à dire que l'on peut définir une structure persistante dans un AE qui nous permette de stocker des informations relevant de tous les CAS. Ce raisonnement est entièrement faux, même s'il fonctionne en général.
Tout d'abord il est peut-être nécessaire de rappeler ce qu'est un CPE. Il s'agit de l'ensemble des composants (collection reader, analysis engines et CAS consumers) agencés pour produire et traiter les différents CAS. On peut en quelque sorte considérer qu'un CPE est une chaîne de traitement instanciée.
Un CPE est orchestré par un CPM, ce dernier va se charger de la mise en œuvre de la chaîne : instanciation des composants, appel des méthodes de l'API, distribution des CAS, suivi des erreurs, collecte d'informations statistiques sur le déroulement du traitement.
Voilà donc pour la théorie générale, qui peut se résumer à ce schéma que j'emprunte gentiment aux gens d'Apache :
Au regard de ce schéma on pourrait penser que la méthode décrite par Jérôme fonctionne puisqu'on a l'impression que les CAS produits ne passent au travers que d'une seule instance des AE. Si tel était le cas, l'intérêt de UIMA en termes de déploiement serait limité puisque cela reviendrait à transmettre la sortie d'un composant à l'entrée du composant suivant dans la chaîne. Une sorte pipe entre les différentes briques logicielles.
Il faut se pencher un peu plus profondément dans la configuration du CPE pour se rendre compte que le fonctionnement est bien mieux pensé que cela. Ainsi, on trouve dans la section ''casProcessors'' des descripteurs (XML) de CPE, un attribut d'intérêt : processingUnitThreadCount.
L'attribut processingUnitThreadCount spécifie le nombre de Processing pipelines (trad: chaînes de traitement ?) répliquées. Une processing pipeline est composée de la séquence d'AE définissant le traitement à opérer. Ces séquences (et donc les AE associés) sont dupliqués autant de fois que le nombre précisé par l'attribut processingUnitThreadCount, chacune s'exécutant dans son propre thread indépendamment des autres.
Un petit schéma, encore une fois gentiment emprunté aux gens d'Apache, vaut mieux qu'un long discours :
Le CPM prélève les CAS produit par le collection reader, et stockées dans la queue d'entrée (de taille casPoolSize), et les distribue dans les différentes processing pipelines. Les CAS étant distribuées entre les différentes chaînes, un CAS donné ne passera que par une seule de ces chaînes : c'est ici que la méthode de Jérôme échoue ! En effet, chaque AE dupliqué ne traite qu'un sous ensemble des CAS produits et alimente sa propre structure interne, sans connaissance des informations stockées dans les structures des autres instances de ce même AE.
Au sein de l'équipe nous avons déjà discuté brièvement des ressources externes. Cependant le contenu des discussions se résumait plus au mois à les ressources on ne sait pas trop à quoi ça sert, par contre c'est ennuyeux car il faut éditer les descripteurs pour les préciser, donc on préfère les paramètres. Nous sommes passés à côté de l'essence même de ces dernières.
La section 1.5.4 de la documentation ''Tutorials and users guides'' décrit le fonctionnement et l'utilisation des ressources externes.
Sometimes you may want an annotator to read from an external file – for example, a long list of keys and values that you are going to build into a HashMap. You could, of course, just introduce a configuration parameter that holds the absolute path to this resource file, and build the HashMap in your annotator's initialize method. However, this is not the best solution for three reasons:
Les ressources externes ont deux avantages majeurs (à mon avis) :
Il serait donc préférable dans le cas de Jérôme :
J'ai la lâcheté de ne pas proposer de correction, mais l'objectif de ce billet était simplement d'expliquer pourquoi l'utilisation de ressources externes pouvait se justifier et pourquoi la combinaison de structures internes et d'appel à la méthode collectionProcessComplete n'était pas toujours suffisant.
Lorsque l'on travaille avec Apache UIMA et que l'on ajoute un nombre important d'annotations, il arrive un moment où l'on va vouloir filtrer certaines de ces annotations en fonction d'autres. Ainsi, assez couramment on éprouve le besoin de devoir récupérer des annotations qui couvrent la même zone de texte qu'une autre. Par exemple :
Il y a au moins deux approches dans Apache UIMA qui permettent de répondre à ce besoin : le subiterator et le FSMatchConstraint.
L'approche basée sur le subiterator ne peut fonctionner que si les types que l'on cherche à accéder sont couverts par le type couvrant au sens de UIMA, c-à-d en terme de priorité des types (cf. [la javadoc de TypePriorities] ou cet email).
Considérons une annotation A qui couvre des annotations B de la manière suivante :
Il y a du texte et les annotations sont sur ce texte ... [-----A:1-----] [---A:2---] [--------A:3--------] [B:1] [B:2] [B:3] [B:4] [B:5] [B:6]
Dans l'exemple ci-dessus, nous sommes intéressés par les annotations B couvertes par l'annotation A:3, en d'autres termes les annotations B:4, B:5 et B:6.
La méthode est la suivante :
Voici le code correspondant :
// Récupération des index AnnotationIndex annAIdx = (AnnotationIndex) jcas.getAnnotationIndex(A.type); AnnotationIndex annBIdx = (AnnotationIndex) jcas.getAnnotationIndex(B.type); // On recherche ''A:3'' FSIterator annAIt = annAIdx.iterator(); while (annAIt.hasNext()) { A monA3 = (A) annAIt.next(); // On récupére l'itérateur sur les annotations B couvertes par A3 FSIterator annBSousA3It = annBIdx.subiterator(monA3); while (annBSousA3It.hasNext()) { // On récupére successivement B4, B5 et B6 B annB = (B) annBSousA3It.next(); System.out.println("Sous A3 : "+annB); } }
Lorsque l'on ne connaît pas les priorités des types ou bien qu'elles ne correspondent pas à ce que l'on souhaite faire, il est nécessaire de passer par un mécanisme plus complexe (mais beaucoup plus puissant) : le système de contraintes d'index.
Dans le cas présent, nous allons définir une contrainte imposant que les attributs begin et end d'une annotation d'un type donné correspondent à une certaine valeur : celle de l'annotation couvrante. Puis nous pourrons générer un itérateur qui retournera les annotations de l'index qui respectent cette contrainte.
Voici l'implémentation d'une méthode qui fait cela :
/** * * This method provides an iterator over typed annotations that either * have an offset embedded in that of a given annotation in a document, * or have the same offset as these annotation. * * @param theDocument the document in which stand the source and * target annotations * @param theAnnotation the source annotation under which target * annotations that have to be drawn out * @param theType the type of the target annotations that have * to be drawn out from the document under * the source annotation * @param isStrict the boolean that defines the offset matching, * offsets strictly equal if isStrict is true, begin * offsets greater or equal and end offsets less * or equal otherwise. * @return the iterator over the type theType annotations * which stand under the annotation theAnnotation * in the document theDocument * * @author Fabien Poulard * @author Jérôme Rocheteau * * @license Apache 2.0 */ public FSIterator subiterator(JCas theDocument, Annotation theAnnotation,Type theType,boolean isStrict) { // Ajout: déclaration de la variable type Type theAnnotationType = theAnnotation.getType(); // On utilise le constraint factory ConstraintFactory theConstraints = theDocument.getConstraintFactory(); // On définit les contraintes sur le début de l'annotation FSIntConstraint beginConstraint = theConstraints.createIntConstraint(); if (isStrict) { beginConstraint.eq(theAnnotation.getBegin()); } else { beginConstraint.geq(theAnnotation.getBegin()); } Feature beginFeature = theAnnotationType.getFeatureByBaseName("begin"); FeaturePath beginPath = theDocument.createFeaturePath(); beginPath.addFeature(beginFeature); FSMatchConstraint begin = theConstraints.embedConstraint(beginPath,beginConstraint); // ... puis sur la fin de l'annotation FSIntConstraint endConstraint = theConstraints.createIntConstraint(); if (isStrict) { endConstraint.eq(theAnnotation.getEnd()); } else { endConstraint.leq(theAnnotation.getEnd()); } Feature endFeature = theAnnotationType.getFeatureByBaseName("end"); FeaturePath endPath = theDocument.createFeaturePath(); endPath.addFeature(endFeature); FSMatchConstraint end = theConstraints.embedConstraint(endPath, endConstraint); // JR: on définit une contrainte sur le type d'annotation FSTypeConstraint typeConstraint = theConstraints.createTypeConstraint(); typeConstraint.add(theType); // FeaturePath typePath = theDocument.createFeaturePath(); FSMatchConstraint type = theConstraints.embedConstraint(typePath, typeConstraint); // On combine les contraintes FSMatchConstraint beginAndEnd = theConstraints.and(type,theConstraints.and(begin, end)); // On génère un itérateur respectant ces contraintes FSIterator filteredIterator = theDocument.createFilteredIterator(theDocument.getAnnotationIndex().iterator(), beginAndEnd); return filteredIterator; }
Cette méthode prend en paramètre le JCas dans lequel travailler, l'annotation couvrante (l'annotation A3 dans l'exemple précédent), le type d'annotation qui nous intéresse (le type B pour reprendre l'exemple précédent) et un booléen qui permet de préciser si l'on souhaite une correspondance exacte ou approximative des frontières.
La qualité du code développé dans le cadre des activités de recherche scientifique n'est pas toujours aussi bon qu'on pourrait l'espérer. Outre la nécessité (évidente à mes yeux) d'ouvrir le codes des activités scientifiques financées par l'État et les collectivités territoriales, il est également nécessaire de suivre de bonnes pratiques de programmation. L'écriture de tests unitaires et leur exécution régulière est une de ces bonnes pratiques.
Je présente dans ce billet un cas d'utilisation de la bibliothèque UUTUC, présentée lors du Workshop sur l'Ingénierie Logiciel, les Tests et l'Assurance Qualité pour le Traitement des Langues Naturelles (SETQA-NLP 2009), pour tester l'implémentation d'une bibliothèque développée et utilisée dans le cadre de ma thèse (tddts-uima-shingling).
UUTUC est une bibliothèque offrant un certain nombre de méthodes facilitant le processus de test des composants UIMA. On y trouve notamment un certain nombre de classes de type Factory qui facilitent la mise en place de chaînes de traitement simples pour expérimenter les composants.
À l'aide de ces classes, l'exécution d'un AE sur un simple fichier texte se résume à ces quelques lignes :
AnalysisEngine engine = AnalysisEngineFactory.createAnalysisEngineFromPath("descriptors/tutorial/ex1/RoomNumberAnnotator.xml"); JCas jCas = AnalysisEngineFactory.process(engine, "data/WatsonConferenceRooms.txt");
Le couplage de UUTUC avec JUnit permet de mettre en place un banc de tests unitaires :
J'utilise le framework JUnit 4 pour les tests unitaires. Il suffit de faire précéder les méthodes considérées comme des tests par @Test pour qu'elles soient reconnues comme telles par JUnit. Exemple :
import org.junit.Test; import static org.junit.Assert.*; ... /** * This class defines the tests for the main methods of the Shingle class. */ public class ShingleTest { ... /** * This method just checks that the isComplete method works * @throws InvalidShingleException * @throws OverloadShingleException */ @Test public void completeness() throws InvalidShingleException, OverloadShingleException { Shingle s1 = new Shingle(2); assertFalse( s1.isComplete() ); // before any adding s1.add( theShingleItems[0] ); assertFalse( s1.isComplete() ); // after a first adding s1.add( theShingleItems[0] ); assertTrue( s1.isComplete() ); // should be complete by now } ... }
Combiné à UUTUC, il permet de mettre en place un environnement UIMA assez simplement. Ainsi dans l'exemple ci-dessous, nous définissons une méthode à exécuter avant chaque test (@Before) qui crée un JCas et y ajoute quelques annotations à l'aide des Factory de UUTUC :
/** Static data for testing */ private static String CAS_CONTENT = "Suisse : inauguration d'une nouvelle synagogue, une première depuis 50 ans"; private static Integer[][] CAS_OFFSETS = { {0,6}, {9,21}, {22,24}, {24,27}, {28,36}, {37,46}, {48,51}, {52,60}, {61,67}, {68,74} }; ... /** * This method is used to set up the testing environment, creating the * data necessary for the different tests methods. */ @Before public void setUp() throws UIMAException, IOException, ShinglingTestingException { // Set up a CAS with a couple of shingle items in TypeSystemDescription tsd = TypeSystemDescriptionFactory .createTypeSystemDescription("shingling-ts"); theTestingCas = JCasFactory.createJCas(tsd); theTestingCas.setDocumentText(CAS_CONTENT); for(Integer[] idx: CAS_OFFSETS) { AnnotationFactory.createAnnotation(theTestingCas, idx[0], idx[1], ShingleItem.class) ); } }
Malheureusement il y a assez peu de documentation concernant UUTUC. Il est ainsi régulièrement nécessaire d'aller jeter un œil au code source qui heureusement est très bien écrit.
Maven modélisant toutes les étapes du cycle de développement, il intègre une étape test entre le compile et le package. La gestion des tests unitaires se faisant quant à eux au travers du plugin maven-surefire-plugin.
Il faut tout d'abord rajouter dans le pom.xml les informations de dépendance sur UUTUC et JUnit :
<repository> <snapshots> <enabled>false</enabled> </snapshots> <id>uutuc-googlecode</id> <name>uutuc Google Code repository</name> <url>http://uutuc.googlecode.com/svn/repo/</url> </repository> ... <!-- UUTUC for testing --> <dependency> <groupId>org.uutuc</groupId> <artifactId>uutuc</artifactId> <version>0.9.10</version> <optional>false</optional> <scope>test</scope> </dependency> <!-- JUnit 4 for testing --> <dependency> <groupId>junit</groupId> <artifactId>junit</artifactId> <version>4.3.1</version> <scope>test</scope> </dependency>
Il suffit ensuite de faire appel au plugin maven-surefire-plugin qui prend en charge tout ce qui concerne les tests, sous réserve que ces derniers soient bien présents dans src/test/java :
<!-- Testing --> <plugin> <groupId>org.apache.maven.plugins</groupId> <artifactId>maven-surefire-plugin</artifactId> <configuration> <reportFormat>brief</reportFormat> <useFile>false</useFile> </configuration> </plugin>
Il est alors possible de lancer l'exécution des tests avec Maven :
$ mvn test ... ------------------------------------------------------- T E S T S ------------------------------------------------------- Running tddts.uima.shingling.ShingleTest Tests run: 16, Failures: 0, Errors: 0, Skipped: 0, Time elapsed: 3.992 sec Results : Tests run: 16, Failures: 0, Errors: 0, Skipped: 0 ...
Plus d'excuse pour ne pas tester votre code maintenant ! L'excuse de faire du prototypage pour la recherche n'en est pas une bonne dès que les résultats que vous publiez dépendent de la qualité dudit code. C'est votre intégrité et honnêteté scientifique qui est en jeux ;)
Il y a quelques temps j'avais écrit une documentation en interne dans mon laboratoire sur l'utilisation du ''CAS Editor''. À l'époque c'était assez éprouvant car ce dernier se présentait sous la forme d'une application RCP Eclipse.
Depuis la version 2.3.0, le CAS Editor a été intégré sous la forme d'un plugin Eclipse. L'occasion de remettre la doc au goût du jour et de la partager avec le reste du monde.
Avant toute chose il est nécessaire d'installer les plugins Eclipse de UIMA. Pour ce faire, il faut ajouter le dépôt Eclipse : http://www.apache.org/dist/incubator/uima/eclipse-update-site/ dans l'outil de gestion des plugins. Ensuite il suffit de rechercher UIMA et d'installer tous les plugins associés.
À noter que les personnes ayant installé les plugins des versions antérieures doivent simplement faire une mise-à-jour afin de faire apparaître le plugin CAS Editor qui n'était pas présent auparavant.
Un petit redémarrage d'Eclipse et vous devriez être paré pour la suite...
Le fonctionnement du CAS Editor est lié à :
Ceci est spécifique à la version 2.3 d'UIMA et devrait évoluer dans les prochaines versions.
La vidéo ci-dessous illustre les étapes nécessaires à l'initialisation d'un projet et l'importation d'un corpus :
Il n'est possible d'ajouter des annotations que si le type d'annotation à ajouter est présent dans le Type System. Si toutefois vous ajoutez des types d'annotation à un Type System qui est déjà utilisé par le projet CAS Editor, les nouveaux types ne vont pas apparaître. Il est nécessaire de fermer puis réouvrir le projet.
Il y a deux façons d'ajouter une annotation dans un CAS, l'une permet d'ajouter la même annotation par un simple appuie sur Entrée :
l'autre permet de choisir le type de chaque nouvelle annotation rajoutée :
La vidéo ci-dessous illustre ces deux méthodes :
Il est tout à fait possible d'utiliser directement un Analysis Engine directement dans le CAS Editor afin d'ajouter des annotations aux CAS. La procédure est toutefois un peu contraignante et surtout peu intuitive. Je vais décrire l'approche qui consiste à utiliser un composant empaqueté dans un PEAR.
Pour l'exemple je vais prendre le WhitespaceTokenizer, ce dernier a deux avantages pour ce tutoriel :
Il nous faut la version source du paquet UIMA Annotator Addons & Simple Server & Pear packaging tools. Une fois téléchargée, décompressez là quelque part et placez-vous dans le répertoire uimaj-annotator-addons-2.3.0-incubating/WhitespaceTokenizer/.
Il nous faut modifier un peu le pom.xml afin d'y ajouter les dépôts qui sont normalement déclarés dans le pom parent :
... <repositories> <repository> <id>apache</id> <name>Apache UIMA</name> <layout>default</layout> <url>http://people.apache.org/repo/m2-incubating-repository/</url> </repository> </repositories> <pluginRepositories> <pluginRepository> <id>apache</id> <name>Apache UIMA</name> <url>http://people.apache.org/repo/m2-incubating-repository/</url> <layout>default</layout> </pluginRepository> </pluginRepositories> ...
Il est alors possible de créer le PEAR avec maven en lançant dans le répertoire du WhitespaceTokenizer :
$ mvn package
Le pear est alors créé dans le répertoire target/ sous le nom WhitespaceTokenizer.pear. Il faut l'installer à l'aide du PearInstaller.
Une fois le PEAR installé, il faut créer un répertoire processing dans le projet du CAS Editor, y importer le descripteur PEAR, l'intégrer à un composant Agregate. On peut alors le faire tourner sur une partie du corpus.
La vidéo ci-dessous présente ces dernières phases :
Le but du CAS Editor est tout de même de pouvoir visualiser et manipuler les annotations, ce qui se fait dans l'éditeur.
La visualisation des annotations est configurable par le menu contextuel Show annotations où l'on sélectionne les annotations à afficher. Le mode de mise en valeur de ces dernières se configure dans les propriétés du projet.
Le parcours des annotations s'opère de plusieurs manières :
La vidéo ci-dessous illustre ces différentes manipulations :
Wikipedia est une incroyable source d’information, de données et plus généralement d’actes langagiers (utilisation du langage). C'est une ressource sans équivalent pour les chercheurs en traitement automatique des langues (TAL).
Le MediaWiki UIMA Loader est un composant UIMA, de type collection reader, permettant de tirer parti de Wikipédia pour la construction de corpus. La version 0.4 est la première release officiellement annoncée du composant.
Pour les impatients :
Le composant MediaWiki UIMA Loader est un collection reader permettant de charger des données issues d'un MediaWiki, notamment Wikipédia et ses projets dérivés ...
Le composant est distribué sous licence Apache 2. Vous pouvez donc l'utiliser dans le cadre d'un travail académique ou commercial. Dans les deux cas, si vous trouvez le composant utile, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, si vous souhaitez de nouvelles fonctionnalités ou si vous rencontrez des bugs.
Contrairement à plusieurs projets existant, le composant n'attaque pas directement les sites Wikipedia. Il ne nécessite pas non plus de créer un miroir local de la base de données MediaWiki. Il travaille directement à partir des dumps XML, ce qui présente les avantages suivant :
Les fonctionnalités de cette version 0.4 sont les suivantes :
Avant d'installer et d'utiliser le composant, il est nécessaire d'avoir un environnement UIMA installé. Si ce n'est pas le cas, se référer à ce tutoriel.
Le plus simple est de récupérer le jar du composant dans l'espace de téléchargement de uima-fr, ainsi que les dépendances : mwdumper et wikimodel.wem.
Si vous souhaitez reconstruire le jar vous mêmes, il vous faut télécharger les sources du composant, toujours dans l'espace de téléchargement de uima-fr,et les compiler à l'aide de maven :
$ tar -xzvf mediawiki-uima-loader-0.4.1.tar.gz ... $ cd mediawiki-uima-loader-0.4.1 $ mvn package ...
Le jar devrait être créé dans le répertoire target/, les dépendances quant à elles auront été téléchargées dans votre dépôt maven local.
Vous pouvez utiliser le composant dans n'importe quelle chaîne de traitement UIMA, de la même façon que vous utilisez un composant classique de type collection reader. La démarche ci-dessous concerne l'utilisation de l'outil cpeGui, mais elle devrait être similaire pour les autres outils du même type.
Le cpeGui n'est pas capable en l'état de charger un descripteur xml depuis un jar. Avant tout, il est donc nécessaire d'extraire le descripteur du composant du jar afin de le rendre accessible. Si vous avez compilé le composant vous même, le descripteur est présent dans le répertoire desc. Sinon, il suffit de l'extraire du jar :
$ jar -x wikipedia-cr.xml -f mediawiki-uima-loader-0.4.1.jar
Il est nécessaire de rajouter le jar du composant et de ses dépendances dans le UIMA_CLASSPATH, avant de lancer le cpeGui en ligne de commande. Pour l'exemple, nous considérerons que le jar du composant est dans le répertoire courant et que les dépendances sont dans le dépôt maven local :
$ export UIMA_CLASSPATH=$UIMA_CLASSPATH:~/.m2/repository/org/wikimedia/mwdumper/1.16/mwdumper-1.16.jar:~/.m2/repository/org/wikimodel/org.wikimodel.wem/2.0.7-SNAPSHOT/org.wikimodel.wem-2.0.7-SNAPSHOT.jar:mediawiki-uima-loader-0.4.1.jar $ cpeGui
Dans la partie de l'interface dédiée au Collection Reader, cliquez sur Browse et allez sélectionner le descripteur du composant que nous avons extrait du jar (wikipedia-cr.xml). L'interface se modifie afin d'offrir les champs de paramétrage du composant.
Le seul paramètre obligatoire est le champs Input Xml Dump. Vous devez renseigner dans ce dernier le chemin menant au dump XML de Wikipedia (ou tout autre dump MediaWiki) que vous souhaitez charger. Par exemple : ~/frwiki-20100111-pages-meta-history.xml.bz2. Le composant est capable de lire un dump, qu'il soit compressé ou non.
Les autres paramètres concernent le filtrage à mettre en place lors du chargement des données :
Par exemple pour prendre en considération uniquement toutes les pages de discussion : 1,3,5,7,9,11,13,15,101,103,105, ou bien pour prendre en compte tous les espaces de nom excepté celui des catégories : !14 ;
Une fois le composant paramétré, il suffit de renseigner les autres composants de la chaîne comme vous le faites habituellement et de lancer l'exécution.
Attention, si vous exportez le contenu traité par le composant, à l'aide du composant XmiWriter par exemple, à partir d'un dump compressé, prenez en compte que le volume de données risque d'être 20 à 100 fois supérieures à la taille originale du dump. Ainsi, il faut compter une vingtaine de Go minimum pour la version française de Wikipédia en ne considérant que les dernières révisions des articles.